Véritable phénomène de société, le casual gaming modifie petit à petit nos habitudes de jeu. Nombreux sont les hardcores gamers à pester contre des marques aussi présentes que Nintendo ou Apple, pour avoir largement poussé ce processus jusqu’à l’intérieur de nos appareils préférés. Et pourtant, cette tendance n’en est qu’à ses prémisses, les casual games sont partout !

Le « Kaz-Oual » Gaming ?

Tout droit venu du mot « Casual » ou occasionnel, le casual gaming exprime la fréquence à laquelle un joueur s’adonne au plaisir du jeu vidéo. Par définition, un casual gamer n’est autre qu’une personne ayant une pratique très occasionnelle des jeux sur console ou autres supports connus. Tels des êtres mal-aimés, les casual gamers ne font pas bon ménage avec les hardcore gamers. En effet, quand bien même leurs motivations sont aussi louables qu’honorables, rien n’y fait, les joueurs les plus aguerris se sentant en danger ne font pas dans la demie mesure et profitent de leur antériorité pour mener à bien une guerre sans merci.

Un phénomène nouveau

Sans crier gare, le casual gaming a sorti l’artillerie lourde en 2007 lors de l’annonce de la fameuse Wii de big N. Auparavant, les joueurs étaient considérés comme une espèce à part entière, fortement minoritaire. L’intérêt de la société pour le divertissement se focalisait essentiellement sur le cinéma, la musique, bref, l’art tel qu’on l’entendait. Et pourtant, nous le savions tous, les qualités intrinsèques des productions dans le milieu du jeu vidéo ont de quoi faire frémir les plus grands films Hollywoodiens ! Mais ces codes, ayant toujours fonctionné auprès des joueurs historiques, n’ont pas aidé à populariser le jeu vidéo.  Alors quels ont été les moteurs du casual gaming ?

Les social games gratuits

Générateur de cette tendance, les social games ont fortement participé à la démocratisation des jeux vidéos. Alors que le prix des jeux vidéos, grimpant parfois jusqu’à 70€, constitue une barrière à l’accessibilité, la gratuité a poussé le divertissement du jeu vidéo vers d’autres horizons. Considérés comme des jeux bâclés ou sans intérêt, les social games ont su attirer un public nouveau et totalement inconnu jusqu’alors.

Les Etats-Unis étant en avance en la matière, ils représentent un miroir quasi-parfait des tendances à venir d’ici 3 ans en France. Ainsi, en terme de chiffres, la consommation du social gaming représente là-bas 66 millions d’utilisateurs recensés. Soit 1 Américain sur 5, âgé de plus de 6 ans. Pour comparer l’absurde, imaginez que toute la population Française pratique le social gaming !

Les réseaux sociaux

Forts de leur notoriété, les réseaux sociaux sont un élément clé dans le succès de ces jeux auprès du grand public. La provenance des joueurs issus de ces réseaux représente 80% de la totalité des gamers. Ces derniers ont aussi su appréhender le casual gamer d’une manière tout à fait remarquable. En effet, leur système de monétisation, souvent basé sur du Free to Play (en gros payer les améliorations que vous souhaitez avoir, si ne voulez pas, continuez quand même à jouer gratuitement) reste le facteur clé de « fidélisation » de leur clientèle, grâce à une addiction maîtrisée  Leur système ? Les utilisateurs reçoivent un cadeau virtuel en remerciement de leur investissement financier qui est, quant à lui, bien réel !

Le smartphone et la tablette

Si la tablette n’est pas l’élément déclencheur, le smartphone, lui, fait partie des bouleversements les plus marquants de cette décennie. Sans compter les nombreux atouts proposés par les générations actuelles de smartphones, comme la puissance, la taille croissante des écrans, ainsi que l’étendue des fonctionnalités proposées, notons que l’utilisation du terminal a été décuplé. Une personne type utilise en moyenne son téléphone entre 70 et 100 fois dans une journée. Il est le compagnon idéal durant les moments d’attentes (comme les voyages en transports en commun, les salles d’attentes, les cours ou aux toilettes ?).

On a regular basis, 93% (n=253) of students use their smartphones while riding in a bus, train, or car; 92% (n=253) use it during idle time at work or school; 85% (n=228) use it while waiting in line (grocery store, coffee shop checkout, etc.); 82% (n=223) use it for school-related tasks; and 77% (n=208) use it when they first wake up in the morning, while 72% (n=195) use it before they go to sleep.

Etude réalisée sur la base de 517 étudiants Américains

Que serait une application sans un lieu pour la propulser, la mettre en évidence ? Les magasins d’applications comme l’AppStore d’Apple ou le Play Store de Google font partie intégrante de cette dynamique. Lorsque l’on regarde les charts (classements), en France, on recense près d’une 20aine de social games dans le top 50.

Notons l’émergence de studios spécialisés, comme Rovio et son incontestable succès qu’est Angry Birds ou plus particulièrement Mandala Games et des jeux comme La Riviera. Jeux de machines à sous par excellence, cette adaptation du casino en version virtuelle a donné l’opportunité à la société Nantaise de toucher une cible encore inaccessible jusqu’ici, les 45-55 ans, Américains ou plutôt Américaines. En effet, le studio explique que plus de 80% de ses utilisateurs sont des joueuses et je pense que la révolution se situe précisément sur ce point. La suppression des frontières qui existaient, profite à la libéralisation du secteur vers des cibles féminines.

Enfin, il est bon de relever que le site de jeux en ligne, Royal Cactus, a levé en début d’année près de 500 000€ afin de porter une grande partie de ses jeux sur des plateformes mobiles comme iOS et Android. Sa capacité à développer un social game en 3 mois n’est pas passé inaperçue. Et pour cause, la lassitude de ce public face à un jeu vidéo est très présente, il est donc nécessaire de renouveler son parc vidéo-ludique, régulièrement.

Un avenir prometteur

Certains vous diront que l’avenir est sombre et que le désespoir inonde nos âmes. Et pourtant, il suffirait de voir plus loin que le bout de son nez pour se rendre compte que le casual gaming est un levier exceptionnel dans l’apprentissage des mécaniques du jeu vidéo ! Alors que Nintendo est entré et ce, sans forcer, dans la vie des ménages, un processus d’appréhension des systèmes de gameplay s’est mis en route. Une fois l’acquisition des « basiques » assurée, ces casual gamers du dimanche deviendront les joueurs de demain. Une mouvance sociale est donc en train de voir le jour.
Le casual gaming a participé à l’amélioration de la notoriété du jeu vidéo, aussi bien comme vecteur de codes sociologiques, de divertissement, que de consommations culturelles. Il facilite ainsi, la transposition de l’idée dont se faisait la population, vers un fabuleux moyen d’intéresser et de partager.

Ma dernière pensée s’adresse à vous gamers, ou plutôt à vous hardcore gamers. Au lieu de voir d’un mauvais oeil l’arrivée croissante de ces personnes sur le marché du jeu vidéo, n’est-il pas plus « moderne » d’accepter ces joueurs en devenir et de leurs donner la main pour les faire progresser ?

  • http://twitter.com/johan13220 johan13220

    Rien de mieux qu’une petite partie de Angry Birds SW dans les WC avant de retourner bastonner du zombie sur la console de salon ;-)

    • Teck_In

      Ou encore d’un bon casse-tête pour se rendre compte 30minutes plus tard que nos fesses ne sont plus si à l’aise que cela sur la cuvette :)